Mélange détonant

Il n’est pas rare de lire « un mélange détonnant ». Avec un « n » en trop, donc. L’influence du mot « étonnant » y est peut-être pour quelque chose, moins cependant que le mot « détonnant », qui existe bel et bien mais n’a pas le même sens. Avec deux « n », « détonnant » signifie « qui n’est pas dans le même ton », mais dans le cas du mélange, c’est bien de « détonant » qu’il s’agit, qui a le sens d’ « explosif » (penser au mot détonateur).

Des pommes j’en ai mangé/des erreurs j’en ai fait

On a envie d’accorder, pas vrai ? Eh bien non, le « en » neutralise l’accord. On ne dit donc pas « des pommes j’en ai mangées » mais bien « des pommes j’en ai mangé ».

Elle s’est fait avoir

On n’accorde pas le verbe faire quand il est suivi d’un infinitif, même quand c’est une fille qui parle. Ainsi : « elle s’est fait avoir ».

La soi-disant liberté

À l’écrit et plus encore à l’écran, on accorde parfois « soi-disant ». À tort, puisque ce terme est invariable. Que le mot suivant soit féminin ou pluriel, « soi-disant » reste donc égal à lui-même. On écrira ainsi « la soi-disant maladie », et « les soi-disant experts ».

 

Depuis quelque temps

On a souvent envie de mettre « quelque » au pluriel. Mais ce mot reste en fait singulier, comme dans « quelque chose ».

Quoi qu’il en soit

En deux mots, contrairement à la formule « quoiqu’il + verbe » (équivalente à « bien qu’il + verbe »).

C’est de ça que j’ai besoin

On entend bien plus souvent cette expression mal que bien formulée. Il faut se souvenir qu’il n’y a la place que pour un seul « d » dans cette expression. On peut donc dire « c’est de cela qu’il s’agit » ou bien « c’est cela dont il s’agit » mais pas « c’est de cela dont il s’agit.

Au temps pour moi

On a envie d’écrire « autant pour moi ». Ce qui serait presque logique. Mais en réalité l’expression correcte (d’origine militaire) est bel et bien « au temps pour moi ».

La planète tout entière

Ce n’est pas forcément très intuitif, mais lorsque l’adjectif ou adverbe qui suit « tout » débute par une voyelle, « tout » reste invariable (« l’heure tout entière », « la marmite tout ébréchée »). En revanche, lorsqu’il s’agit d’une consonne, on accorde normalement : « la maison toute neuve ».

Pallier un manque

Prend deux « ll », contrairement au « palier » de l’immeuble. Mais le plus grand piège reste le « à » que l’on a tendance, à tort, à ajouter, probablement sous l’influence du verbe « parer à ».

Aiguë

Pas de tréma  sur le « u » mais sur le « e ».

Prendre à partie

La langue change, et cette expression en est la preuve. L’intuition nous invite à écrire « parti ». Ce qui n’est pas tout à fait faux car c’est comme cela qu’on l’écrivait à l’origine. Maintenant on écrit ce mot avec un « e ».

Elle n’est pas près de

On entend souvent, sur petit ou grand écran, un personnage féminin dire « je ne suis pas prête de faire ça ». Erreur, puisqu’il s’agit du mot « près » et non de « prêt ». S’il s’agissait de ce dernier, on dirait d’ailleurs « je ne suis pas prêt(e) à faire ça ». Mais il s’agit donc bien du mot « près », ce qui a une certaine logique, puisque l’on veut dire « je suis loin de faire ça ».

Achalandé

Non, « bien achalandé » n’équivaut pas à « bien approvisionné », mais désigne une forte affluence. Se souvenir que ce mot est construit à partir de « chaland », qui signifie passant.

Fatigant

Pas de « u » dans le cas le plus fréquent, c’est-à-dire celui de l’adjectif (« ce travail est fatigant »). En revanche, dans le cas, bien plus rare, du participe présent, on en met un (ex : « le travail me fatiguant, je me suis écroulé le soir même »).

Dès qu’ils se sont vus, ils se sont plu

Pourquoi un « s » dans un cas et pas dans l’autre ? Dans le premier, il s’agit d’un COD (« ils se sont vus, l’un l’autre »), donc on accorde, dans le second, il s’agit d’un COI (« ils se sont plu, l’un à l’autre »), on n’accorde pas. Dans la même logique, on n’accorde pas dans une phrase comme « les deux dynasties se sont succédé », car il s’agit là aussi d’un COI : elles se sont succédé l’une à l’autre.

Fuchsia

La palme du mot « de tous les jours » le plus mal orthographié revient à... Au fait, comment l’écrit-on ? Fuchia ? Non, il nous semble qu’un « s » se balade quelque part. Alors ? « Fushia » ? « Fuschia » ? Toujours pas ! La solution est en fait la moins intuitive : il s’agit de « fuchsia ». Bon, il ne reste maintenant plus qu’à savoir comment le prononcer.

Qu’est-ce qui s’est passé/qu’est-ce qu’il s’est passé

On lit parfois « qu’est-ce qui s’est passé », d’autres fois « qu’est-ce qu’il s’est passé ? ». On se demande alors quelle proposition est correcte ! Les deux, mon général ! Tout simplement parce qu’on peut tout aussi bien dire « quelque chose se passe » et « il se passe quelque chose ».

Appeler/interpeller

Que la langue française peut être cruelle. On a déjà du mal à écrire « appelle » et « appeler ». On apprend que le nombre de « l » est fonction de la prononciation. La prononciation « è » implique ici « ll », et la prononciation « eu » implique un seul « l »… Cette règle marche donc avec le verbe appeler… mais pas avec son « cousin », « interpeller », qui prend deux « ll » dans tous les cas...

A vélo/à moto

Combien de fois entend-on « on y va en vélo ? ». Vous êtes déjà allé dans un vélo, vous ? On doit donc dire « à vélo », puisqu’on est dessus, sur un vélo, contrairement à une voiture.

Ainsi :

Sur un vélo : à vélo

Dans une voiture : en voiture

Dans la même logique, on dit « à moto » et « à scooter ».