Aller de paire

On dit « aller de pair ». Ce dernier terme, qui ne comprend pas de e, signifie « égalité de valeur ». On retrouve ce mot dans d’autres formules, comme « hors pair » ou « marcher de pair ».

Appuyer sur la gâchette

On n’appuie pas sur la gâchette (pièce invisible d’une arme à feu) mais sur la détente.

Après qu’il ait

Contrairement à « avant que + sujet », que suit un subjonctif, « après que + sujet » est suivi d’un indicatif. On dira donc « avant qu’il ait écrit son livre » mais « après qu’il a écrit son livre ».

Autrement plus doué

Il faut supprimer « plus ». Ainsi, « j’apprécie cet artiste, mais l’autre était autrement doué ». On dira également « il est autrement bon » et non « il est autrement meilleur ».

S’avérer vrai/exact/faux

Dans la mesure où le verbe « avérer » comporte le mot « vrai », cette formule fait figure soit de pléonasme (lorsque « s’avérer » est suivi de « vrai » ou d’ « exact ») soit de contresens (suivi de « faux »). On dira se révéler vrai/exact/faux

Avoir à faire à quelqu’un

On dit « avoir affaire à quelqu’un ».

Chafouin

Quand on parle d’esprit chafouin, on pense à quelqu’un de grognon, râleur ou triste. En réalité ce terme signifie « sournois ».

Décade ≠ décennie

Non, la décade n’est pas le mot savant de la décennie. Elle est en fait beaucoup plus courte puisqu’elle dure seulement dix jours. Ne pas se laisser influencer par le faux ami anglais « a decade », qui lui, correspond bien à une décennie (donc dix ans).

Demander à ce que

On ne demande pas à ce que le travail soit bien. Plus simplement, on demande que le travail soit bien fait.

De manière à ce que

On enlève là aussi le « à ce » qui vient alourdir la formule (« de manière que »).

Dénoter ≠ détonner

« Dénoter » signifie « souligner », « indiquer », et n’est pas à confondre avec « détonner » (« qui n’est pas dans le même ton »).

En puissance

On emploie parfois cette expression pour amplifier son propos, comme une sorte de synonyme de « vraiment ». Ex : « c’est un très bon jeu en puissance » pour dire « c’est un excellent jeu ». Erreur, puisque « en puissance » signifie « possible ». On dira par exemple d’un roman qui vient de sortir qu’il est un « best-seller en puissance », c’est-à-dire qu’il peut devenir un best-seller (cela relève de l’éventualité).

…et autres…

Ce qui doit suivre « et autres » n’est pas une énumération supplémentaire mais un mot englobant les termes précédents. On ne dira donc pas « j’aime Zidane, Ronaldo et autres Pelé » mais « j’aime Zidane, Ronaldo, Pelé et autres footballeurs d’exception ».

Et bien !

On écrit en fait « eh bien ! »

Etc…

Ce diminutif de la locution latine « et cætera » est suivi d’un seul point (etc.) et non de trois points de suspension. On prendra également garde de ne pas écrire « ect. »

Faire bonne chair

Même s’il s’agit de nourriture, il s’agit bien du mot « chère » et non de « chair ». On parle donc, en parlant d’un bon repas, de « faire bonne chère ».

Gageure

Il est vrai que l’on emploie assez peu ce terme à l’oral. Et pas beaucoup plus à l’écrit, d’ailleurs. Sachez en tout cas que ce mot, signifiant « défi qui semble peu réalisable », se prononce « gajure » et non « gajeure ».

Loin s’en faut

L’expression « loin s’en faut » est contestée. Il s’agit de la contraction de « tant s’en faut » et « loin de là ». Pour être plus précis, Le français correct, Guide pratique des difficultés (Grevisse), nous informe que « [loin s’en faut] est déclarée fautive par l’Académie française. Elle s’implante dans l’usage et est enregistrée sans restriction dans Le Petit Robert 2007. ». Il n’empêche : dans le doute, il est préférable de s’abstenir.

Nous avons convenu d’un rendez-vous

Dans le sens de « se mettre d’accord », convenir se conjugue comme venir : on dira donc « nous sommes convenus d’un rendez-vous ».

Pain béni

Citons Évitez de dire… Dites plutôt (de Bernard Laygues, collection Les dicos d’or de Bernard Pivot) :

« Bénir a deux participes […] :

1. béni(e) = sur qui a été appelée la protection divine (« Soyez tous bénis… »).

2. bénit(e) = qui a reçu la bénédiction rituelle d’un prêtre (« Pain bénit » et « eau bénite »).

Pécunier/ère

Vous avez des problèmes pécuniers ? Vous avez de la chance, car vos désagréments n’existent pas ! En effet, ce mot est une pure invention. Le terme exact est pécuniaire.

Possible et inimaginable

Possible et imaginable est la seule formule correcte.

Réveil-matin

Si on écrit « réveil » (l’objet comme le « moment ») en six lettres, on parle en revanche de réveille-matin.

Sans dessus dessous

Le premier mot est en fait « sens », même si le s ne se prononce pas, comme dans « sans ». On écrit ainsi : sens dessus dessous.

Se rappeler de quelque chose

On se souvient de quelque chose, mais on se rappelle quelque chose. On emploie donc ce verbe comme remémorer. La formule « je m’en rappelle » est par conséquent elle aussi à éviter.

Sous l’emprise de l’alcool

On ne peut être que sous l’emprise d’une personne. Lorsqu’il s’agit d’une chose, on emploiera sous l’empire de. On dira ainsi « sous l’emprise de son chef » mais « sous l’empire de l’alcool ».

Suite à

À cette formule incorrecte, on préférera « à la suite de », plus terne mais (malheureusement) plus académique.

Sur le grill

Un seul l, contrairement au grill de ce bon vieux Buffalo, qui est synonyme de salle de restaurant. Le gril dont il est question dans cette expression (qui signifie « impatient, nerveux ») est un ustensile destiné à faire cuire les aliments. On notera qu’il est dans l’absolu préférable de ne pas prononcer le l.

Tout ce qu’il y a de plus beau

Même règle que pour « autrement plus doué » : il faut enlever « plus ». On dira donc entre personnes bien comme il faut, voire un tantinet snobinardes : « tout ce qu’il y a de beau ».

2 à 3 personnes

Dans la mesure où il n’y a aucune possibilité entre 2 et 3 personnes, on dira 2 ou 3 personnes. En revanche, on dira 2 à 4 personnes.