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    « Né pauvre dans une ferme du Missouri en 1891, le jeune William Stoner est envoyé à l’université par son père, et au prix de quels sacrifices, pour y étudier l’agronomie. Délaissant peu à peu ses cours de traitement des sols, ce garçon solitaire découvre les auteurs, la poésie et le monde de l’esprit. Il déçoit les siens, devient professeur, se voue corps et âme à la littérature, sert ses étudiants, assiste impuissant aux ravages causés par une terrible crise économique et deux guerres mondiales, se trompe d’histoire d’amour et finit par renoncer au bonheur. Tout cela l’entame, mais rien ne le diminue : il lit. Célébration d’une âme droite enchâssée dans un corps que la vie a très tôt voûté, voilà le récit d’une vie austère en apparence, ardente en secret. »

     Stoner est un roman de la rentrée littéraire 2011, mais il est sorti aux États-Unis en 1965, il y a donc plus d'un demi-siècle. Grand mystère que ce texte, découvert et traduit par Anna Gavalda. En flânant sur la toile, je n’ai pas trouvé une seule critique négative à propos de ce roman. Pas une seule. Je serai donc le premier à émettre des réserves sur cette œuvre de John Williams, qui fait l’admiration des plus grands écrivains américains, dont Colum McCann. Je n’ai pas accroché à ce roman. Il faut dire que l’ « intrigue » est inexistante : elle consiste simplement en la narration des différentes étapes, dans la sphère privée et universitaire, d’un ordinaire, austère et malchanceux professeur d’université. La vie privée de Stoner m’a peu intéressé, en particulier ses histoires d’amour. Sa première idylle – Edith, un iceberg doublé d’une perverse manipulatrice – m’a mis mal à l’aise. La seconde, plus classique, ne m’a jamais ému. Concernant la vie universitaire, on trouve bien quelques passages plus intéressants, comme l’amitié de Stoner avec Masters et Finch, lorsqu’il n’est pas encore professeur, et le conflit ouvert avec son collègue Lomax, en particulier « l’affaire Walker », qui offre les seules pages réellement passionnantes de ce texte. Pour le reste, je me suis assez ennuyé. Si l’histoire est trop banale à mon goût, le style, malgré sa limpidité, m’a en outre paru « clinique » : je n’ai pas ressenti d’émotion particulière à la lecture de cette œuvre, qui m’a paru aussi froide et austère que son personnage principal. De plus, les différentes chroniques que j’ai pu lire mettaient l’accent sur l’importance conséquente de la lecture dans la vie du personnage. J’ai été pour ma part déçu du peu de place qu’elle prend. Le roman n’y fait en effet que rarement allusion : on ne sait pas réellement ce qu’apporte la lecture à Stoner, et sa découverte des livres, en début de roman, se révèle beaucoup trop rapide. Très déçu. Il y a peut-être dans ce roman beaucoup de subtilité et de réflexions pertinentes, mais si tel est le cas, je suis totalement passé à côté. Quoi qu’il en soit, la fascination que les blogueurs (et plus généralement les internautes) vouent à cette lecture me perturbe assez : si je peux aisément comprendre que l’on puisse apprécier cette lecture – car il en faut pour tous les goûts –, j’ai plus de mal à me faire à l’idée que je sois le seul à ne pas l’avoir aimée.