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   « Je suis innocent. » Cette phrase, combien de fois les inspecteurs Willis et Carella, du 87e district, l’ont-ils entendue ? Une phrase d’autant plus troublante lorsqu’elle est prononcée par une jeune femme appétissante : Marilyn Hollis, dont les amants disparaissent un à un dans des circonstances bizarres. […] L’enquête s’annonce gratinée, et Willis ne facilitera pas la tâche en s’éprenant de la belle Marilyn… « Ne tombez jamais amoureux d’un suspect. » Willis va-t-il regretter d’avoir enfreint cette règle d’or ?

     Ah ! Poison ! Le roman qui m’a fait découvrir la mémorable saga du 87e district, écrite par Ed McBain des années 50 aux années 2000, et composée de pas moins de 57 épisodes. On peut dire que j’ai eu la main heureuse en commençant par ce titre, car il s’agit tout simplement, à ma connaissance, du plus abouti ! Bien sûr, mon jugement est peut-être quelque peu erroné par la dimension sentimentale, due au fait qu’il s’agisse de ma première rencontre avec cette magistrale saga, mais tout de même, quelle démonstration ! Poison témoigne en effet des nombreuses qualités récurrentes de la série : on y trouve une exceptionnelle qualité de dialogues, de saisissantes descriptions des quartiers d’Isola (transposition à peine voilée de Manhattan) et du quotidien du commissariat, mais aussi un style efficace, de l’humour et des personnages très attachants. Et pourtant, en parallèle, le roman se révèle un peu atypique, et diffère par certains côtés de la plupart des épisodes de la série. Ces derniers sont en effet souvent composés de plusieurs intrigues qui s’entrecroisent, ce qui n’est pas le cas de Poison, qui n’en comporte qu’une seule. De la même façon, l’enquête est centrée sur Hal Willis, qui d’habitude est un personnage de second rang.

    Et surtout, cet épisode se distingue des autres par l’extrême qualité de son intrigue. L’intérêt des épisodes de la série repose souvent moins sur l’enquête elle-même que sur les très savoureux petits à-côtés que je viens de mentionner (dialogues, personnages, humour…), bref tout l’univers du 87e district. Poison fait donc ici office d’exception : passionnant au plus haut point, il ne laisse pas une seconde de répit, grâce à son rythme endiablé, ponctué de fausses pistes et rebondissements qui bluffent et réjouissent au plus haut point le lecteur. Le roman doit également son succès au personnage de Marilyn Hollis : on pense notamment aux captivants flashbacks revenant sur son passé trouble (comportant des scènes très dures), mais aussi à la dextérité de l’auteur à semer le trouble dans l’esprit du lecteur à son sujet. Pour résumer cette lecture inoubliable, je me permets de reprendre les mots choisis par l’éditeur (Presses Pocket) en quatrième de couverture : « Un suspense à couper le souffle, une enquête menée de main de maître : Ed McBain au summum de sa forme ». Pour une fois, ce n’est pas de la publicité mensongère…

     N.B. : Quelle tristesse qu’un roman d’une telle qualité ne soit plus publié en poche. Il est cependant – et heureusement – possible de le trouver dans le tome 6 de l’éditeur Omnibus, qui a eu l’excellente idée de rééditer toute la série, composée en tout de neuf volumes.