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     « La dernière mode, c'est le tourisme temporel. Visitez la Rome des Césars, le Golgotha le jour de la crucifixion du Christ, les venelles de Constantinople lors du sac de la ville par les Croisés. Mais ne vous écartez pas du chemin qui vous a été tracé, sous peine de disparaître dans un paradoxe temporel. Voici l'un des romans les plus jubilatoires de Robert Silverberg, une des plus grandes figures de la science-fiction américaine. »

     Drôle de livre, qui pour l’anecdote a beaucoup influencé Robert Zemeckis, réalisateur de la trilogie Retour vers le futur. On retrouve d’ailleurs dans le récit la fameuse expression de Doc, « penser en quatre dimensions ». Pour en venir au vif du sujet, j’avoue qu’après coup, je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture. En fait, mon avis est un peu mitigé, même si l’impression d’ensemble est plutôt positive, ne serait-ce que pour le fort intérêt que je porte aux histoires de voyages dans le temps. Et le moins que l’on puisse dire est que ces derniers ne manquent pas dans ce roman. On en manque tellement peu que cela finit par devenir déroutant. Pendant une grande partie du récit, le héros multiplie les promenades dans le passé. C’est intéressant, mais on réalise au bout de 250 pages (sur 317 !) que l’intrigue proprement dite n’a pas encore commencé ! Comme je m’attendais à un scénario plus classique, cela m’a empêché de profiter pleinement de ces nombreux voyages, certes anecdotiques mais néanmoins savoureux par leur manière de mettre en scène de façon ludique moult paradoxes. Autre aspect déroutant : lesdits paradoxes concernent le passé mais bien plus rarement, comme on pourrait s’y attendre, les répercussions sur le présent. Autre obstacle : le rythme. Ces nombreux trajets comportent en effet des longueurs, je pense avant tout aux nombreux passages lourdement érotiques (le roman a été écrit en 1969) ainsi qu’aux « cours d’histoire » sur Byzance, parfois trop pointus, qui risqueront de n’accrocher que les docteurs en la matière… Cela dit les descriptions de l’époque et de la ville sont plus que convaincantes, on a vraiment l’impression d’y être. J’ai également apprécié l’idée du contrôle temporel, la manière dont sont encadrés les « touristes ». Et l’intrigue principale tardive, alors ? Pas mal, elle nous familiarise avec les concepts de « non-événement » et de « non-existence » (tout un programme !), même si on regrette qu’elle ne soit pas plus développée – elle ne doit pas dépasser la soixantaine de pages. Bref, un roman assez déroutant, parfois longuet et pas toujours subtil, mais qui vaut le coup pour ses descriptions historiques, son ton léger, dépourvu de toute prétention, et plus encore la place donnée aux petits et grands paradoxes temporels.