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     « Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l'équipe devra désormais se confronter à l'hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque : tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux... La découverte de Mars est une aventure scientifique et humaine, relatée ici avec un réalisme saisissant, une tension psychologique et un suspense parfaitement maîtrisés. »

     Ce premier volet d’une trilogie consacrée à l’exploration de la planète Mars, écrit par l’Américain Ben Bova en 1992, ne manque pas de qualités. La première est sa capacité à nous transporter sur la planète rouge et à retranscrire son atmosphère. Il faut dire que le style, simple et sans fioriture, est souvent d’une grande efficacité, et que l’écrivain semble parfaitement maîtriser son sujet. Celui-ci est traité de manière réaliste, en adéquation avec la philosophie de l’auteur, selon laquelle le rôle de la science-fiction est de « servir d’interprète à la science auprès de l’humanité ». Crédibilité, documentation et cohérence sont donc au rendez-vous, pour un résultat instructif et jamais rébarbatif. Une autre qualité du roman repose sur sa dimension foisonnante : outre l’exploration martienne proprement dite, l’écrivain propose des chapitres « flashbacks » sur la sélection et l’entraînement des explorateurs (notamment dans la première moitié du roman, la plus prenante et dynamique), mais aussi les répercussions médiatiques et politiques de l’expédition. Captivant ! On notera également que les personnages, malgré les facilités que je vais évoquer plus loin, sont pour la plupart attachants. Leurs rivalités, jalousies et autres états d’âme sont passées au crible avec justesse et pertinence.

       Beaucoup de points forts donc, et pourtant le roman se révèle loin d’être parfait. Outre les légères maladresses de style que l’on peut parfois trouver (mais peut-être est-ce dû à la traduction), j’ai parfois été agacé par l’aspect stéréotypé des protagonistes. Les clichés sont tantôt universels (le Japonais à l’âme de samouraï, le Chinois empli de sagesse confucianiste) tantôt made in U.S. (le Russe froid et austère, le personnage français - en l'occurrence une femme - insipide…). Cette accumulation de lieux communs a eu du mal à passer, c’est dommage. En deuxième lieu, je me suis un peu lassé au fur et à mesure de la lecture. Il faut dire que le roman fait tout de même 750 pages, et que la seconde moitié m’a paru un peu moins prenante, car un peu plus linéaire (absence de flashbacks) et redondante à mes yeux, avec notamment un pic de perte d’attention autour de la page 500. L’action n’y est pas forcément moins présente (bien au contraire), mais l’auteur me semble plus à l’aise avec les passages de mise en place, purement descriptifs, « où il ne se passe rien », qu’avec ceux comprenant de l’action proprement dite. Bref, je dirai pour conclure que ce premier volet est américain dans le bon et le mauvais sens du terme. Le bon, pour la dimension ambitieuse, foisonnante et parfois très captivante du texte. Le moins bon pour son manque de nuance et sa dimension parfois caricaturale. Une critique un peu mitigée donc, mais je ne bouderai cependant pas mon plaisir : Mars, malgré ses imperfections, demeure une bonne, voire une très bonne lecture.