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« Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré. Et pourtant... »

     Pour un texte qui s’est imposé comme un incontournable de la littérature jeunesse – et qui pouvait également, d’après ce que j’avais entendu dire, être lu par des adultes –, je m’attendais à bien mieux. Or j’ai été très déçu par ce roman de Jean-Claude Mourlevat, paru en 2006. Le principal reproche que j’adresserai à ce roman est son manque d’originalité : en temps de dictature, des jeunes gens rallient la résistance et luttent contre le système en place. Un thème que l’on pouvait par exemple déjà trouver dans la saga Harry Potter. Sauf que l’on ne retrouve malheureusement pas chez Mourlevat la même inventivité que chez J.K. Rowling. Loin de là. L’auteur a certes créé de nouveaux concepts (les consoleuses, les hommes-chevaux…), mais on est à des années-lumière des innombrables trouvailles de ma saga adorée. En fait, l’univers est trop ou pas assez fantastique : on se situe dans un entre-deux qui donne l’impression que l’auteur n’a jamais vraiment tranché entre le monde réel et un univers purement imaginaire. D’autre part, le climat dictatorial ne me semble pas assez bien rendu, notamment au sein de la ville. On apprend certes que ce régime totalitaire, en place depuis quinze ans, a fait de nombreuses victimes, mais on ne sent pas vraiment la peur chez les habitants : j’aurais ainsi voulu en savoir plus sur la vie et le quotidien de ces derniers, leurs craintes, etc. C’est d’ailleurs aussi parce que ce sujet est négligé que la population donne l’impression, en fin de roman, de se « réveiller » et de devenir résistante du jour au lendemain.

     J’ai également trouvé le scénario un peu bancal. L’auteur, de son propre aveu, a écrit son histoireau fil de l’eau et cela se ressent : la construction est assez fouillis, reposant sur un nombre conséquent de scènes peu utiles ou mal exploitées (Mitaine, le restaurant…) et de dialogues nombreux et stériles. De même, les quelques bonnes idées que l’on peut trouver (comme le chant de Milena) ne sont pas assez creusées et, pour ne rien arranger, les passages sur l’histoire d’amour entre Helen et Milos m’ont paru assez mièvres (et ne collent pas franchement avec la noirceur de certaines descriptions). En outre, le grand méchant de l’histoire, Van Vlyck, demeure un quasi-parfait inconnu, et le personnage de Mills, autre méchant (mais de moins grande envergure), qui avait un potentiel intéressant, disparaît bien trop prématurément à mon goût. Pourtant, Hitchcock n’a-t-il pas dit que la réussite d’une histoire dépendait de la qualité du méchant ? Quant aux héros de l’histoire, je ne m’y suis pas particulièrement attaché, excepté Milos (voir plus loin). Bartelemeo est insondable, et je ne me suis pas non plus pris d’affection pour les deux personnages féminins. Peut-être parce que je suis un lecteur masculin ? Et que je suis plus âgé ? Ou bien que l’auteur, étant un homme, n’a pas réellement su se mettre dans leur peau ? Pour le positif (car il y en a quand même un peu), le texte se lit facilement grâce à une écriture agréable, et certains passages sont plutôt prenants, en particulier les entraînements de Milos : j’ai curieusement plus accroché à cette histoire annexe qu’à l’intrigue principale, alors qu’elle n’a finalement pas de rapport direct avec celle-ci. Mais je reste dans l’ensemble fortement déçu par ce roman pour ses carences, et parce qu’il me semble se limiter à un public adolescent – et ce malgré son succès blogosphérique.