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« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel. »

     Le problème avec les romans jeunesse qui se déroulent dans un monde imaginaire, c’est que je ne peux m’empêcher de les comparer à Harry Potter. Et comme chacun sait, la finitude ne peut que s’incliner devant le vertige de l’infini. Pour ne rien arranger, les innombrables critiques dithyrambiques que l’on peut trouver sur la Toile à propos de ces Fiancés de l’hiver rendent leur lecture plus sévère. À l’arrivée, seul le style m’aura vraiment plu dans ce roman. Élégant, agréable, limpide, il constitue la principale raison pour laquelle je suis parvenu au bout de ses 500 pages. Le reste n’est malheureusement pas aussi enthousiasmant. L’un des plus gros défauts du récit est son intrigue, bien trop creuse à mon goût : il ne se passe rien de vraiment consistant au cours de ce premier volet (d’une trilogie). Les longues descriptions l’emportent largement sur les scènes d’« action », qui elles-mêmes sont souvent contingentes, n’apportant souvent pas grand-chose à l’histoire. En fait, Christelle Dabos donne l’impression de planter le décor de la première à la dernière page : autant dire que le récit ne décolle jamais vraiment. Durant les cent premières pages, pourquoi pas, mais à la longue, on ressent un réel manque, notamment en termes de mystère et de rebondissements, ces ingrédients indispensables qui donnent envie de se plonger avidement dans le chapitre suivant. Du coup, je ne suis jamais vraiment entré dans cette histoire, qui ressemble davantage à un enchaînement de scènes (qui plus est de second plan) qu’à un ensemble vraiment consistant. Autre aspect qui m’a laissé sur ma faim : l’univers lui-même ne m’a jamais transporté. Il faut dire que les descriptions à ce sujet (notamment le « Pôle » et sa Citacielle) sont trop peu présentes, l’auteure leur privilégiant malheureusement les terre à terre et peu captivantes intrigues de la cour... Et même les idées, qui fusent chez une J.K. Rowling, surprennent rarement ici, en plus de n’avoir que peu d’utilité (les lunettes qui changent de couleur), quant aux rares bonnes trouvailles, comme le concept de lecture, permettant de deviner l’histoire d’un objet à son simple toucher, elles paraissent sous-exploitées. Dommage ! Bref, une vraie déception que ce roman, dont le style convaincant ne parvient pas à rattraper les réelles carences en termes d’intrigue, de rythme et d’inventivité.